Honte à moi,

cher
Laurent, pour avoir tant tardé à te remercier de ce message plus qu'aimable pour moi ! Je n'y ai pas répondu tout de suite... et puis j'ai oublié... et puis ça vient de me revenir !

Pour me rattraper, je vais prendre le temps de te faire une réponse en plus de 3 lignes !
Je crois que tu mets bien le doigt sur l'important (
pour moi comme pour toi comme pour les autres) : 1)
le parcours 2)
le récit. Pour l'instant, pour moi, les deux sont en cours.
Mon
parcours, c'est d'
essayer d'être au plus près de l'époque dans laquelle il m'est donné de m'inscrire et d'en comprendre le sens. Jusqu'ici, tout va bien.

J'ai vécu enfant la fin des années 50, quand la France et les choses de la vie avaient encore largement leur aspect d'avant-guerre voire du début XXe ; puis l'éveil 1960-1967, la couleur, le plastique, le rock, le pop, l'Angleterre (
"A nous les petites Anglaises !"), ça y est, les choses allaient bouger ! Mai 1968, le psychédélique, les années 70, wow, wow, wow, et puis l'informatique à partir de 1981, les machines, les réseaux, l'entreprise... jusqu'à arriver à Internet, au mobile, etc.
Du côté du
récit, c'est en cours aussi ; dans la production, c'est à peine ébauché, comme tu l'as vu : je commence seulement à avoir les outils qu'il me faut. C'est-à-dire
les mots, comme tu m'en as très gentiment donné acte, mais aussi
la culture (
c'est-à-dire notamment l'accumulation de liens entre bouts de connaissances),
les notes, les phrases, les mélodies, la pratique des instruments, de la voix, etc.
Comme tout ça est encore largement
en devenir, c'est difficile de juger d'un
niveau sur l'instrument. Bon, déjà, c'est un peu délicat de s'exprimer sur soi. Il y a les deux écueils de la trop grande modestie ou de trop de présomption. Par prudence naturelle

, j'aurais tendance à me cogner le premier (
écueil), mais dans mon cas, c'est surtout que c'est un
"work in progress", il est délicat de juger sur les résultats d'étape !
La vraie motivation qui nous pousse vers la musique, ce n'est pas de devenir une rock-star (
par exemple), mais c'est de
livrer un récit/une chanson, un témoignage qui nous est propre et qui demande impérieusement à s'exprimer. Moi, ça fait un moment que j'essaye de tenir deux fers au feu : celui du récit par
le verbe, la chronique, la création de sens, qui parle à l'intellect (
les contributions en forum s'inscrivant marginalement dans cette catégorie), et celui du récit plus élémentaire par
le chant et la musique, la pulsion, la création de plaisir, d'être-bien-là-(ensemble), qui parle au sensible.
Et c'est du boulot !
